
La récente publication de l’Harvard Business Review, intitulée « 6 Ways AI Could Disrupt Your Business », lance un débat crucial pour le monde juridique et en particulier pour les avocats de Genève. À l’aube de la révolution numérique, notamment avec le développement rapide de l’intelligence artificielle (IA), notre profession se trouve à un carrefour stratégique. En tant que candidat au poste de vice bâtonnier de l’ordre des avocats de Genève, je souhaite partager mes réflexions sur la manière dont nous devons aborder cette transition imminente.
La Révolution IA et le Monde Juridique
L’IA, qualifiée de force perturbatrice par l’Harvard Business Review, offre des scénarios variés, allant de la modification extrême des opérations à l’émergence de nouvelles stratégies concurrentielles. Parmi ces scénarios, un se distingue particulièrement pour notre profession : la Transformation Radicale des Coûts. L’IA pourrait modifier significativement notre structure de coûts, remettant ainsi en question notre modèle économique et notre approche tarifaire.
Historiquement, les cabinets juridiques s’appuient sur une pyramide de talents, avec à son sommet des leaders hautement qualifiés et une base composée de jeunes talents exécutant le travail. L’IA promet de transformer ce modèle en automatisant des tâches telles que la recherche, l’analyse et la production, réduisant ainsi le besoin en main-d’œuvre.
L’Impact sur les Avocats Genevois
Pour les avocats de Genève, cela signifie une remise en question du modèle traditionnel basé sur les heures facturables et la valeur ajoutée par niveau d’expérience. Les services que nous offrons pourraient être automatisés, rendant certains aspects de notre travail accessibles non seulement aux grandes entreprises mais aussi aux particuliers. Notre rôle devra se recentrer sur notre valeur ajoutée fondamentale : l’expérience et les connaissances pratiques.
Une Vision pour l’Avenir
Il ne s’agit pas d’être alarmiste, mais plutôt d’analyser les tendances et de préparer l’ordre des avocats de Genève à ces changements. Nous devons envisager des modèles de rémunération innovants et potentiellement restructurer nos équipes pour répondre aux nouveaux besoins du marché.
En tant que candidat au poste de vice bâtonnier, je m’engage à soutenir et guider nos confrères dans cette transition. Il est essentiel que l’Ordre se positionne non seulement comme un gardien des traditions mais aussi comme un catalyseur de modernisation. Ensemble, explorons ces nouvelles frontières, adaptons-nous et prospérons dans l’ère de l’IA.
Simon Ntah